PSA : les premiers effets dévastateurs des ordonnances Macron (article NVO)

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Le groupe automobile PSA se positionne une nouvelle fois à l’avant-garde des innovations antisociales. À peine publiées, les ordonnances Macron sont mises en pratique pour supprimer des milliers d’emplois dans des conditions extrêmement défavorables aux salariés.

S’il fallait une démonstration des effets dévastateurs sur l’emploi des ordonnances Macron, le groupe Peugeot SA vient de s’en charger en ouvrant ce 9 janvier 2018 les négociations pour un plan de ruptures conventionnelles collectives (RCC). Alors que depuis cinq ans les plans de départs volontaires ont abouti à la suppression de 25 000 emplois, PSA se rue sur le nouveau dispositif de ruptures conventionnelles collectives pour afficher son nouvel objectif : supprimer encore 2200 emplois en 2018, sans les obligations d’un PSE. En effet, la RCC, nouveau dispositif né des ordonnances présidentielles, permet à l’entreprise de procéder à des « départs volontaires », sans motif économique, et sans ces obligations comme les reclassements internes des salariés ou les actions favorisant le reclassement externe. La RCC permet aussi à l’employeur de s’exonérer légalement d’actions de formation, de validation des acquis de l’expérience (VAE) ou de reconversion…

Remplacés par des précaires ?

« Ce que la CGT dénonce et que PSA ou Pimkie confirment, c’est que le patronat se sert de cette réforme qui tout simplement leur simplifie les licenciements », ce en réduisant tous les droits des salariés résume la FTM-CGT. « On craint que ce qui s’y joue serve d’exemple pour décomplexer d’autres groupes pour s’attaquer à l’emploi, et ce alors que l’activité est très forte sur les sites de PSA », déplore Denis Bréhan, responsable de la branche automobile à la FTM-CGT. Et de poursuivre : « Le pays a besoin de services publics et d’une industrie forte dans lesquels il faut investir. Avec la vision à court terme actuellement mise en œuvre, on risque de faire partir des salariés qui n’auront pas d’autres perspectives d’emploi et seront remplacés par des précaires. »

Des sites de PSA menacés

Au sortir de la négociation avec la direction de PSA, Thomas Baudouin, dirigeant de la CGT-métallurgie confirme cette analyse et fait aussi le constat d’un groupe qui ne joue pas franc jeu : « La direction nous a donné des chiffres globaux, mais ils ont refusé de communiquer le détail site par site. Curieusement, ils ont indiqué qu’ils augmentaient les indemnités de départ sur les sites d’Ile-de-France jusqu’au 31 juillet. Aucune explication ne nous est donnée, mais on peut en déduire la volonté de vider certains sites comme celui de Saint-Ouen ou de La Garenne-Colombes. Il est probable que PSA tablait sur un départ massif de cadres et de techniciens, mais ils réalisent que les souhaits de départs ne sont pas si nombreux… »

Parallèlement la direction de PSA veut doubler le nombre de « CDI intérimaires », qui passerait de 400 à 800. « Elle refuse de donner le taux d’intérimaires sur l’année 2018 et se sert des nouvelles mesures pour accentuer la précarisation de l’emploi dans le groupe », dénonce Thomas Baudouin. Outre le manque de précisions sur les sites qui seraient asséchés, les négociateurs CGT ont aussi été surpris de l’absence affichée de maîtrise des nouvelles dispositions par la direction de PSA : « Auparavant les plans de départs volontaires étaient soumis aux mêmes conditions que les licenciements économiques, le délai de carence pour la prise en charge par les ASSEDIC était donc de 75 jours. Or, pour une rupture conventionnelle le délai est doublé et PSA est incapable de préciser si la rupture conventionnelle collective implique aussi ce délai de carence doublé. ».

Entre le constat des lignes de production vidées d’une partie importante des personnels, le travail qui se dégrade et la perspective de nouvelles suppressions d’emplois, c’est l’inquiétude qui prédomine parmi les salariés. Pour la FTM-CGT, il est temps que « patrons et politiques revoient leur copie. » Et le syndicat compte bien s’y employer.

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